Lors d’un séminaire en date du 16 septembre dernier, l’Institut Pasteur de Bangui a présenté un chiffre alarmant au sujet de la résistance aux antibiotiques de certaines bactéries.
Le but de cette session était d’alerter sur la prévalence mais également de trouver des solutions afin d’y faire face. Ces affirmations sont le résultat de recherche de thèse du Dr Hugues SANKE, spécialiste en bactériologie spécialisé en collaboration avec l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.
La rencontre qui a regroupé plus d’une cinquantaine de participants, notamment des médecins, cliniciens, biologistes, stagiaires et journalistes a permis d’échanger sur le sujet et également d’y trouver des solutions afin de faire face à cette prévalence.
Le Directeur de l’Institut Pasteur de Bangui, le Professeur Emmanuel NAKOUNE explique la cause de cette résistance antimicrobienne dans le pays par plusieurs facteurs. « Si vous prenez 100 bactéries qui infectent les zones, ça peut être des infections urinaires, des infections toutes sortes d’infections, des plaies post-opératoires, il y a au moins 85 qui ne répondent à aucun traitement. C’est-à-dire que les antibiotiques qui sont vendus dans les pharmacies ne permettent pas de soigner, de tuer ces bactéries, ces graves. C’est-à-dire que la RCA est en première ligne au niveau mondial et que le taux des résistances est plus élevé en République centrafricaine que tous les autres pays du monde », a expliqué le Directeur de l’Institut Pasteur. Il indique par ailleurs l’Institut Pasteur de Bangui reçoit des patients de différents horizons.
« Tous les jours, il y a environ 250 patients qui viennent pour faire des analyses à l’Institut Pasteur et le directeur du laboratoire d’analyses médicales, Dr. Ibrahim Bazoum, a eu à analyser justement les données, la base de données de ces analyses. Et on s’est rendu compte que la RCA présente un problème grave », a-t-il poursuivi.
Il précise que, l’institut Pasteur de Bangui dispose des matériels adéquats pour apporter son appui dans la lutte contre ces microbes. Pr Nakouné. « Aujourd’hui, l’Institut Pasteur a renforcé son plateau technique qui lui permet de faire toutes les analyses qui peuvent être faits d’un importe à quel pays au monde, les pays développés. De plus en plus, maintenant, on n’a plus besoin d’envoyer des prélèvements hors de la RCA pour être bien aussi technique. Et donc aujourd’hui, la contribution au capot que l’Institut Pasteur a justement à la réponse à la demande des cliniciens, c’est la capacité de faire toutes les analyses ».
En Afrique, la résistance aux antimicrobiens dépasse désormais le paludisme, le VIH et la tuberculose en tant que principale cause de mortalité.
Sorelle ZAMANDANI

