Ce mardi, 04 novembre 2025, une campagne de sensibilisation s’est déroulée dans le quartier Ouango Sao et ses environs, dans le septième arrondissement de Bangui.

Même si la RCA n’a pas encore signalé de cas avérés en 2025, le danger d’introduction de cette maladie en République centrafricaine demeure extrêmement fort. C’est pour cette raison que les responsables de la Santé publique intensifient leurs efforts pour améliorer les systèmes de surveillance épidémiologique, soulignant ainsi la menace actuelle du choléra qui frappe certains pays limitrophes de la RCA, notamment les deux Congo, les deux Soudan et le Tchad. Il s’agit également de rétablir les points d’entrée et de sortie pour les passagers utilisant des baleinières au port Sao. Au cours de cette inspection, plusieurs éléments propices à la propagation du choléra ont été relevés, tels que l’absence de latrines et d’eau potable, les herbes hautes qui occupent les lieux, ainsi que les ordures qui sont déversées dans l’Oubangui. Dr Valentin Nebanga, responsable du département de la promotion de la santé, exprime son regret face à cette situation :
« Il s’agit d’un secteur qui est adjacent à un pays limitrophe ayant annoncé une épidémie. Dans ces zones situées le long du fleuve, des problèmes significatifs en termes de propreté environnementale se posent. Il était donc nécessaire de commencer par éveiller la conscience des communautés pour qu’elles puissent éliminer toutes les salissures qui les entourent. Il y a énormément de plantes qui ont poussé tout autour d’eux. Nous n’avons pas observé de sources d’eau potable. Il est vrai que certains foyers consomment de l’eau de Sodeca, mais la majorité n’en boit pas. Il a également été observé qu’aucune latrine n’est présente dans la majorité des foyers. En les questionnant, les gens nous révèlent qu’ils font leurs besoins en plein air et dans le fleuve. Pour nous, cela soulève des questions d’hygiène à ces niveaux. »
Pour prévenir toute occurrence possible de choléra dans la région, un engagement communautaire est nécessaire. Paul NGAKI, le responsable du quartier Kettegba2, a exprimé son engagement et a promis de soutenir le ministère de la santé dans cette démarche.
« En période de pluie, des mauvaises herbes apparaissent dans les concessions, il est donc nécessaire de les éliminer. Notre rôle, en tant qu’autorité locale, est d’éveiller la conscience de la population sur l’importance d’éliminer les herbes indésirables et de construire des latrines appropriées. Tout cela est également lié à leur santé, afin de prévenir les maladies. »
Il convient de souligner que l’UNICEF soutient cette action de sensibilisation. Bien qu’aucun cas de choléra ne soit encore attesté en Centrafrique, la proximité avec des zones épidémiques et les conditions sanitaires précaires nécessitent une surveillance permanente. Il sera crucial de s’appuyer sur la mobilisation de la communauté et l’assistance des partenaires internationaux pour prévenir tout risque potentiel.
Suzanne de Peskidoux
