Dans la préfecture de Vakaga à Am-Dafock, plus de 11000 personnes déplacées internes vivent dans des conditions précaires autour de la base temporaire de la Minusca. Face aux menaces des maladies face au manque de soins et une pénurie de ressources, l’urgence sanitaire devient critique, surtout pour les femmes enceintes et les enfants.
C’est depuis plus de deux semaines que des centaines de familles ayant fui les violences dans la région de Am-Dafock se sont réfugiées aux abords du camp provisoire de la Minusca. Leur quotidien est marqué par l’insécurité sanitaire, le manque d’eau potable, et l’absence de soins médicaux adaptés. Le 02 octobre 2025, une mission d’assistance médicale a été menée par des acteurs humanitaires. Mais sur le terrain, les besoins restes criants. La seule source d’eau disponible est installée par le contingent Zambien de la Minusca, et les premiers cas de diarrhée, rougeole, paludisme et grippe ont déjà été signalés. « J’ai découvert des cas de rougeole, de paludisme, de diarrhée et de grippe sur le site », témoigne Alexis Ndombi, chef du Centre de Santé D’Am-Dafock.
Selon lui, les femmes enceintes sont particulièrement vulnérables. Plusieurs présentes des symptômes de paludisme, mais les moyens de diagnostic manque cruellement.
« Un carton de Coartem m’a été livré, mais aucun test de dépistage du paludisme ne m’a été fourni », déplore-t-il.
Face à cette situation, des compagnes de sensibilisation ont été lancées pour encourager les femmes à se rendre au centre de santé lors des accouchements. L’objectif est d’éviter les complications liées aux accouchements non médicalisées. « Nous œuvrons à conscientiser le public afin que les femmes enceintes se rendent au centre de santé », insiste Alexis Ndombi.
Grâce au soutien des partenaires humanitaires, le centre de santé a pu recevoir des vaccins jusque-là en rupture de stock. Mais les défis restent immenses.
D’après les données préliminaires, aux moins11.109 personnes, majoritairement des femmes et des enfants, ont besoins d’une aide humanitaire urgente à Am-Dafock.
La situation à Am-Dafock illustre une crise humanitaire silencieuse, ou les besoins médicaux dépassent largement les capacités locales. Sans une mobilisation rapide et coordonnées, les conséquences sanitaires pourraient s’aggraver dans les jours à venir.
Claudia Flore MENDATE YAZENGUE

