Du 2 au 5 octobre 2025, une formation intensive s’est tenue à Birao, chef-lieu de la préfecture de la Vakaga, réunissant des agents de santé et relais communautaires issus de quinze districts sanitaires. L’objectif de la rencontre vise à renforcer la surveillance épidémiologique et préparer une riposte rapide face à la menace du choléra, déjà présent dans les pays voisins.
Animée par une équipe conjointe du ministère de la Santé et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) venue de Bangui, cette session de 3 jours vise à outiller les acteurs locaux pour détecter, signaler et prendre en charge les cas suspects dans les meilleurs délais.
La préfecture de la Vakaga qui partage les frontières avec le Tchad et le Soudan, est particulièrement vulnérable. Ces deux pays sont actuellement en pleine épidémie de choléra, et la présence des réfugiés soudanais à Birao et dans les localités environnantes, notamment à Amdafock accentue le risque de propagation. « Tous les pays frontaliers sont actuellement touchés par l’épidémie de choléra. La Vakaga, située à proximité du Soudan et du Tchad, est particulièrement exposée, d’autant plus que des réfugiés soudanais sont présents à Birao et dans plusieurs localités de la préfecture. C’est pourquoi nous avons jugé nécessaire d’intervenir en amont, dans une phase de préparation, en organisant une formation destinée aux agents de santé et relais communautaires pour renforcer la lutte contre d’éventuels cas de choléra.» a déclaré le Dr Max Richard Elysée Bezo, responsable de la mission.
Il rappelle par ailleurs que les recommandations sont simples mais cruciales pour éviter la contamination et les agents de santé sont appelés à intensifier la surveillance des cas de diarrhée et à alerter rapidement les autorités sanitaires : « Nous demandons à chacun de rester vigilant sur les règles d’hygiène : se laver les mains régulièrement, utiliser les latrines, consommer les repas bien chauds, et toujours se laver les mains avant de manger. Ce sont des gestes simples mais essentiels. Au sein des formations sanitaires, nous encourageons les FOSA à renforcer la surveillance et à nous signaler rapidement tout cas suspect de diarrhée. Dès qu’un cas est identifié, il faut effectuer les prélèvements et débuter la prise en charge, en attendant les directives du district sanitaire ou des autorités à Bangui.» a insisté le docteur Max Richard Elysée Bezo
La formation intervient alors que la préfecture enregistre des milliers de déplacés internes, notamment à Am-Dafock, vivant dans des conditions sanitaires précaires, sans latrines. Une situation qui pourrait favoriser l’émergence de foyers épidémiques si des mesures urgentes ne sont pas prises.
De Peskidoux

