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Santé Publique & Hôpitaux

Centrafrique : À l’occasion de la Journée mondiale du rein, les spécialistes alertent sur la hausse des maladies rénales

À l’occasion de la Journée mondiale du rein, célébrée ce 12 mars, les professionnels de santé centrafricains tirent la sonnette d’alarme : les maladies rénales progressent dans le pays, touchant un nombre croissant de personnes souvent sans qu’elles ne s’en rendent compte. Ils appellent à une mobilisation générale pour le dépistage précoce et la prévention.

La maladie du rein, une maladie silencieuse  

En Centrafrique comme ailleurs, l’insuffisance rénale demeure une pathologie silencieuse. « On peut se croire en bonne santé alors que les reins se détériorent progressivement », rappellent les spécialistes. Selon eux, les reins ne tombent pas malades isolément : ils sont fréquemment affectés par d’autres pathologies courantes dans le pays, telles que le paludisme, le diabète ou encore l’hypertension artérielle.

C’est cette évolution insidieuse qu’a vécue Serge Patrick Zoumande, aujourd’hui président de l’Association des malades du rein de Centrafrique.

« En 2014, j’ai commencé à avoir des problèmes de goutte, puis une hypertension. Comme la prise en charge n’a pas été optimale, mon état s’est aggravé. J’ai fini par perdre beaucoup de poids. En me rendant à Brazzaville, on m’a finalement diagnostiqué un problème rénal au stade final. L’hypertension et la goutte avaient atteint mes reins. La dialyse est devenue indispensable. »

La dialyse : un coût encore insoutenable pour les malades

Malgré la mise en place du Centre national d’hémodialyse, le coût du traitement reste prohibitif pour la majorité des patients. Une réalité que dénonce Jeannot Christophe Koga, lui-même dialysé :

« Pour permettre aux malades de préserver leurs capacités, la gratuité de la dialyse est essentielle. Être dialysé ne signifie pas qu’on n’a plus rien à apporter au pays. Mais sans gratuité, il est impossible de tenir financièrement sur la durée. »

Le manque d’accessibilité à la dialyse continue ainsi de fragiliser des centaines de familles, alors même que les cas d’insuffisance rénale se multiplient. Face à cela, les médecins insistent sur la prévention, seule stratégie réellement accessible à tous. Le Dr Frislah Koudoumale rappelle que les principales causes de l’insuffisance rénale hypertension et diabète peuvent être détectées et contrôlées.

« Les reins ne tombent pas malades seuls. L’hypertension et le diabète, avec le temps, peuvent conduire presque inévitablement à une insuffisance rénale. Le dépistage est essentiel, et il n’y a pas d’âge pour le faire. L’alimentation et l’hygiène de vie jouent aussi un rôle majeur. »

Pour commémorer cette Journée mondiale du rein, le Centre national d’hémodialyse organise ce 12 mars une journée portes ouvertes, accompagnée de séances de dépistage gratuit. Une initiative destinée à sensibiliser davantage la population et à encourager un diagnostic plus précoce.

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