Depuis quelques jours, les après-midis à Bossangoa sont marqués par des rafales violentes, capables de faire voler les feuilles, casser des branches, et parfois même déraciner les arbres les moins solides. Habituellement, ces vents annoncent l’arrivée des premières pluies, mais cette année, ils semblent plutôt les chasser.
Cette situation préoccupe tout le monde, des habitants aux autorités environnementales. Comme l’explique Étienne Ngueretoume, directeur régional des Eaux et Forêts, les pluies auraient dû commencer dès le mois dernier, laissant aux agriculteurs le temps de préparer leurs terres avant avril. « Chaque après-midi, le vent souffle très fort, et bien que quelques gouttes tombent parfois, la pluie ne parvient jamais réellement au sol », explique le responsable. Ces rafales emportent les précipitations avant qu’elles ne se forment, privant ainsi la région du démarrage attendu de la saison humide.
Un dérèglement attribué au changement climatique
Les services environnementaux s’inquiètent : ce retard des pluies et ces vents inhabituellement violents seraient peut-être un signe de plus du changement climatique, qui se fait de plus en plus sentir en Centrafrique. Les cycles naturels semblent déréglés, les pluies tombent au hasard, et les saisons deviennent difficiles à prévoir. « D’habitude, ces phénomènes annoncent la pluie. Mais cette année, ils ne font que détraquer le temps. C’est sans doute encore une conséquence des changements climatiques », constate Étienne Ngueretoume.
Premières pluies : Les agriculteurs doivent prendre leur mal en patience
À Bossangoa, les agriculteurs commencent à s’inquiéter sérieusement. Ils attendent les premières pluies pour se lancer dans leurs travaux de saison, mais le ciel tarde à se montrer clément. Sans ces précipitations, impossible de préparer les champs, de semer, ou même d’organiser la campagne agricole à venir.
De leur côté, les autorités environnementales mettent en garde la population : il faut rester prudent face aux chutes d’arbres et aux rafales de vent, qui pourraient fragiliser certaines habitations. En attendant que la pluie revienne vraiment, Bossangoa vit les yeux tournés vers le ciel, partagée entre l’inquiétude et un fragile espoir.

