Centrafrique : Le paludisme, poison invisible qui gangrène nos nuits

En cette période de saison des pluies, le paludisme continue de faire des ravages avec la prolifération des moustiques dans plusieurs quartiers de la capitale. Face à cette situation préoccupante, le journal Santé Verte Info s’est rendu au District Sanitaire Bangui 1, où nous avons rencontré le docteur Joella Aurore COQUETTE, médecin en charge, pour faire le point sur cette maladie qui ne cesse de frapper les foyers centrafricains.

Une maladie bien connue, mais toujours mal combattue Le paludisme est une infection parasitaire causée par des protozoaires du genre Plasmodium, transmis à l’homme par la piqûre du moustique femelle Anopheles gambiae. En République centrafricaine, le parasite le plus fréquent est Plasmodium falciparum, responsable de la majorité des formes graves et des décès.

Une fois dans le sang, le parasite attaque les globules rouges, provoquant des symptômes tels que fièvre élevée, frissons, Sueurs, maux de tête, Vomissements, et dans les cas sévères, des troubles neurologiques ou respiratoires.

Une confusion persistante avec la fièvre

Dans les quartiers populaires comme dans les Zones rurales, le paludisme est souvent confondu avec une simple fièvre. Pourtant, la fièvre n’est qu’un symptôme, tandis que le paludisme est une maladie bien définie, identifiable par des signes spécifiques et confirmable par un test de diagnostic rapide.

Le Dr COQUETTE insiste : « Il ne faut pas banaliser la fièvre. Toute fièvre en saison des pluies doit être suspectée comme un paludisme jusqu’à preuve du contraire. »

« Une transmission nocturne et Silencieuse »

Le paludisme ne se transmet pas par contact humain, ni par l’eau ou les aliments. Il est exclusivement véhiculé par la piqûre du moustique infecté, qui pique généralement entre le coucher et le lever du soleil. C’est cette discrétion nocturne qui rend la maladie si insidieuse. Prévenir, c’est déjà guérir La prévention reste la meilleure arme contre le paludisme. Le Dr COQUETTE rappelle les gestes essentiels : Dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide. Éliminer les eaux stagnantes autour des habitations, porter des vêtements couvrants le soir, Consulter rapidement en cas de fièvre, Administrer des traitements préventifs aux enfants et aux femmes enceintes.

Un appel à la population

« Le paludisme n’est pas une fatalité. Il suffit d’un moustique pour tomber malade, mais il suffit aussi d’une moustiquaire pour se protéger. Protégeons nos enfants, nos familles, et faisons de la prévention une habitude quotidienne. » – Dr Joella Aurore COQUETTE à Santé Verte Info, nous croyons que l’information sauve des vies.

Pour rappel, le paludisme est la première cause de consultation et de mortalité en Centrafrique. Chaque année, des milliers de vies sont perdues, principalement chez les enfants de moins de cinq ans. Pourtant, c’est une maladie évitable et curable, à condition d’agir vite et de respecter les mesures de prévention.

Claudia Méndaté

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