Intégrité et discipline : principes fondamentaux du Conseil de l’Ordre des Médecins Chirurgiens-Dentistes et Pharmaciens de Centrafrique

D’après le Dr Vie de Dieu Ngoko-Nzenguet, pharmacien et Premier Vice-président de l’Ordre des Médecins, Chirurgiens-Dentistes et Pharmaciens de Centrafrique, l’Ordre a pour mission de surveiller la conduite déontologique des médecins. Cela implique le respect d’une série de règles établies par nos prédécesseurs ainsi que du serment. Tous ces professionnels ont prêté ce serment avant de débuter leur pratique, et il est donc du devoir de l’Ordre d’assurer la mise en œuvre de ces serments dans le cadre des activités de chaque profession qu’il représente.

« Nous ne faisons pas étalage de nos actions publiquement, mais nous agissons en toute discrétion. » Il est important de ne pas confondre le conseil de l’ordre avec les syndicats de pharmaciens, chirurgiens et dentistes, ou encore l’association des pharmaciens. L’ordre est présent pour défendre le médecin dans l’exercice de sa profession et, aussi, pour imposer des sanctions lorsqu’il est jugé suite à une plainte. Dans certaines circonstances, le conseil de l’ordre peut se saisir de manière proactive, étant donné la présence de nombreux hôpitaux et centres médicaux dans notre région. Il est cependant impossible pour ce conseil d’être omniprésent pour superviser les médecins. »   Il n’agit pas comme les policiers qui traquent les médecins ici et là dans l’exercice de leur métier, a précisé Dr Vie de Dieu.  

Quelles conséquences pour un médecin en cas de faute professionnelle ?

Selon le Dr Vie de Dieu Ngoko Nzenguet, les sanctions imposées par le Conseil de l’ordre sont proportionnelles à la gravité des actes. Les sanctions peuvent varier de l’avertissement à la réprimande ou à la suspension temporaire, qui peut durer plus de 3 ans. Les situations extrêmes surviennent lorsque la gravité des actions conduit le conseil de discipline à prendre une décision fréquemment déplorable comme celle de l’exclusion d’un médecin.

Est-il possible pour un individu ordinaire de porter une réclamation devant le conseil de l’ordre ?

Avant tout, les parents du patient doivent déposer une plainte et le Conseil procédera à des investigations pour déterminer les responsabilités. Si un médecin est injustement accusé, l’ordre professionnel défend sa réputation en vertu du principe de maintenir l’intégrité, la moralité, la déontologie et l’éthique professionnelle.

« Le conseil de l’ordre se réserve le droit de pouvoir prendre un avocat et défendre l’honneur de ce médecin. A indiqué le vice-président de l’ordre.

« En cas de préjudice ressenti par un patient, le Conseil de l’ordre est présent pour l’entendre, recueillir sa réclamation et mener des investigations. » « Si nécessaire, nous appliquerons des sanctions à celui qui a agi contre l’éthique et la déontologie afin d’éviter que de telles situations se reproduisent dans nos établissements hospitaliers », a-t-il terminé.

Une collaboration est-il indispensable avec les infirmiers et sages femmes ?

Il convient également de préciser que le conseil ne collabore pas avec les infirmiers, les sage-femmes ou les professionnels paramédicaux. Par conséquent, les pratiques douteuses observées dans les hôpitaux, notamment la vente illégale de médicaments par un infirmier ou une infirmière, relèvent de la responsabilité des Directions des hôpitaux pour imposer des sanctions.

« Donc, si vous avez des preuves qu’un médecin se consacre à la commercialisation de médicaments prohibés, c’est à ce moment-là que le conseil de l’ordre intervient. Ce problème ne nous concerne pas directement, il est plutôt le résultat de l’irresponsabilité de la direction de l’hôpital », a déclaré Dr Vie De Dieu Ngoko-Nzenguet, en précisant que les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes ont une organisation qui supervise le comportement des patients.

Freddy Ulrich TANGA

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