En Centrafrique, la lutte contre le braconnage franchit une étape majeure. 58 armes de guerre et 76 chargeurs, saisis entre 2017 et 2024 dans le parc Chinko, ont été remis au ministère des Eaux et Forêts ce 26 décembre à Bangui. Une action qui illustre l’impact du partenariat entre le gouvernement et African Parks Network pour sécuriser la biodiversité et stimuler le développement local.
Cette opération est le fruit d’un partenariat entre le gouvernement centrafricain et l’ONG African Parks Network, qui gère la conservation de cette aire protégée depuis 2014.
Une lutte armée contre le braconnage
Le Colonel Ulrich Wilfried Lombe-Zanza, expert national auprès d’African Parks Network, a rappelé la complexité de la mission :
« La conservation de la faune et de la biodiversité est une activité noble mais difficile. Pour protéger, il faut des hommes, des outils et des moyens. Nos équipes sont bien formées et équipées pour affronter des braconniers souvent armés et étrangers. Ces armes, destinées à piller nos ressources, servent désormais à protéger notre patrimoine naturel. »
Grâce à un centre d’opération moderne et des équipements adaptés, la zone est aujourd’hui sécurisée. Selon le Colonel Lombe-Zanza, les efforts portent leurs fruits :
« Nous constatons le retour de la faune. Plus de 25 000 buffles vivent désormais dans la réserve, qui est l’une des plus riches du bassin du Congo. Nous préparons même la réintroduction d’espèces disparues, comme le rhinocéros blanc. »
Un projet qui dépasse la conservation
Pour Gervais Mbata, ministre des Eaux et Forêts, cet acte symbolise bien plus qu’une victoire contre le braconnage :
« Ce partenariat a créé un pôle de stabilité dans l’Est de la RCA, avec 590 employés nationaux recrutés, la construction d’écoles, de centres de santé et de pistes rurales. Les crédits carbones génèrent des revenus pour les communautés locales. D’ici cinq ans, nous voulons structurer un paysage de conservation intégrée, développer des initiatives économiques durables et renforcer la gouvernance locale. Ensemble, faisons de la conservation un moteur de développement pour la République centrafricaine. »
Depuis la signature du protocole d’accord en 2014, le parc Chinko est devenu un modèle de gestion intégrée, alliant sécurité, biodiversité et développement communautaire.
La Rédaction