Poussière à Bossangoa : la population commence à s’inquiéter

Avec l’arrivée de la saison sèche, la ville se couvre petit à petit d’un voile de poussière, ce qui rend le quotidien des habitants particulièrement difficile. Les routes, les maisons, les étals de nourriture : tout est recouvert de ces particules dans l’air, et ça inquiète de plus en plus les gens pour leur santé.


Dans les rues principales de la ville, à chaque fois qu’une moto ou une voiture passe, ça soulève un tas de poussière qui se met sur tout. Les habitants font de leur mieux pour s’y faire, qu’on le veuille ou non, cette situation est là. Parmi tous ces gens, il y a Lucien, un fonctionnaire de l’Etat qui, malgré une certaine appréhension, continue d’aller chercher de quoi à manger tous les midis dans une petite gargote du coin, pas loin de la gare routière.

« À Bossangoa, il y a vraiment trop de poussière. Ceux qui vendent en bordure de route ne mettent pas d’emballage sur la nourriture. On ne peut rien y faire, on est bien obligés de consommer avec tous ces risques pour la santé », explique-t-il, un peu découragé.


Il trouve que ne pas avoir cette protection expose les gens à des maladies qu’on pourrait éviter.


« Quand on mange comme ça, on s’expose à choper pas mal de maladies. Si seulement les vendeurs pouvaient couvrir à nouveau les produits, ça écarterait pas mal de risques »,
souligne-t-il.


Les maisons sont envahies, et les familles sont exposées.


Dans les quartiers, la poussière s’invite un peu partout, même dans la maison, ce qui fait que les familles doivent tout le temps être sur leurs gardes. Une femme au foyer, qui préfère rester anonyme, nous a raconté à quel point son quotidien est difficile, fait de ménage sans fin.


« Il y a énormément de poussière à Bossangoa. On la retrouve partout chez nous. Il faut que je nettoie tout le temps pour que les enfants ne tombent pas malades »,
dit-elle.


Devant ce qu’il se passe, elle demande aux autorités locales d’agir.

« La Mairie pourrait nous donner un coup de main en arrosant les chaussées, ça serait bien. Si elle n’a pas l’argent pour ça, elle peut toujours demander de l’aide à des partenariats comme la Minusca, » c’est ce qu’elle propose.

Un problème qui revient tout le temps, sans qu’on trouve une bonne solution, se plaint St-Cyr, qui tient sa boutique au bord du marché.

« Chaque année, la saison sèche à Bossangoa, ça représente pas mal de difficultés. Mais pour beaucoup de gens, la situation semble s’aggraver, rien n’est fait pour ça. La poussière, c’est grave : entre les problèmes pour respirer, le manque d’hygiène et la dégradation de notre environnement, c’est clairement un sacré problème de santé publique. »

En attendant de trouver une solution à cette situation, les habitants continuent de respirer un air plein de particules, au gré du vent.

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