Les coupures d’électricité n’ont pas épargné les hôpitaux à Bangui.

À Bangui, les manques de courant affectent chaque institution, y compris les hôpitaux. À l’hôpital Domitien de Bimbo par exemple, ce problème dure depuis des années, mais il s’est intensifié ces derniers mois. L’électricité est fournie par l’Enerca seulement quelques heures le matin, plongeant les malades et le personnel soignant dans le noir complet chaque nuit. 

Les parents font recours à la lampe torche pour éclairer la chambre des malades

Dans les salles d’hospitalisation, ce sont les familles qui doivent s’équiper pour assurer un minimum de lumière. Elles témoignent du quotidien difficile qu’elles vivent une fois la nuit tombée.

« C’est dans la journée qu’on a l’électricité mais la nuit nous sommes dans le noir et nous n’utilisons que les torches pour éclairer les chambres des malades. La nuit, lorsqu’on a besoin des médecins pour des soins, ils utilisent nos torches pour donner des soins. »
« Ici la nuit, les malades dorment avec la torche. Donc nous achetons nos torches pour alimenter les chambres. L’hôpital a un générateur. Quand c’est mis en marche quelques heures c’est éteint. »

Les accompagnants appellent les autorités à réagir face à un problème devenu, selon eux, récurrent et dangereux.

« Mon souci c’est de nous envoyer en tout temps l’électricité. Car les malades ressentent beaucoup plus les douleurs la nuit. Il faut qu’il y ait de l’électricité en permanence pour faciliter le travail du personnel de bien soigner également nos malades. »
« Nous demandons au gouvernement de jeter un coup d’œil sur l’hôpital Domitien. Le problème de l’électricité est très fréquent ici. Ce qui est très souvent à l’origine de décès de certaines personnes sous oxygène. »

Un groupe électrogène insuffisant et sans carburant

Le personnel soignant préfère ne pas s’exprimer officiellement. Cependant, la réalité est bien visible : même si l’hôpital dispose d’un groupe électrogène, celui‑ci est souvent inutilisable faute de carburant. Les responsables de la structure affirment avoir sollicité à plusieurs reprises une solution durable en matière d’électricité sans succès pour l’instant.

 
Le service de traumatologie de l’hôpital communautaire aussi touché

La crise électrique s’étend au‑delà de l’hôpital Domitien : elle impacte également le service d’Orthopédie‑Traumatologie du Centre Hospitalier Universitaire Communautaire (CHUC). Le 5 février 2026, le Pr. Jean De Dieu Bertrand TEKPA, chef de service, a annoncé une réduction des interventions chirurgicales en raison des risques.

« Avec le délestage et l’absence d’un groupe de relais pour pallier les besoins d’électricité au bloc opératoire, nous avons fait exposer à plusieurs accidents, comme ce qui nous est arrivé la dernière fois au mois de février dernier, où à cause du délestage, nous avons perdu deux malades le même jour au bloc opératoire, parce que tous les appareils d’anesthésie qui permettaient d’apporter aux patients des oxygènes ne pouvaient pas fonctionner. Nous avons perdu ces deux patients et nous sommes en train de revivre la même chose. »

Il appelle le ministère de la Santé à fournir d’urgence un groupe électrogène de relais :

« Quand il y a une coupure, qu’on ait un relais, il faut qu’il y ait une source supplémentaire qui pallie cette défaillance. Donc ce n’est que ça, on n’a pas besoin de beaucoup de choses qu’un groupe électrogène soit fourni. Quand il y a délestage, qu’on mette ce groupe en marche pour qu’il n’y ait pas perte en vie humaine. »

Un seul service de traumatologie pour tout le pays

Pour rappel, la République Centrafrique ne dispose que d’un seul service d’Orthopédie‑Traumatologie, situé au CHUC de Bangui. Toute défaillance électrique touche donc directement la capacité nationale à prendre en charge les urgences chirurgicales.

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