RCA : Entre mécanismes officiels et réalités du terrain, la distribution des moustiquaires interroge

Le paludisme est encore une des plus grandes causes de décès en République centrafricaine. Donner des moustiquaires imprégnées d’insecticide de longue durée est très important pour la prévention. Cependant, même avec les nombreuses campagnes soutenues par des partenaires internationaux, beaucoup de familles disent qu’elles ne reçoivent pas les moustiquaires qui devraient les protéger.

« Pour lutter contre le paludisme, le ministère de la Santé a mis en place plusieurs manières de distribuer des moustiquaires imprégnées, qui visent à protéger les familles, surtout ceux qui sont les plus exposés », explique Léon Modomalé, le responsable de la communication à direction nationale de lutte contre le palu

D’après lui, les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans sont au centre des priorités du ministère. Leur situation en tant que groupes vulnérables nécessite une attention spéciale, même si l’objectif principal reste d’assurer une couverture pour tous afin que chaque foyer ait une protection adéquate contre le paludisme.

Une distribution souvent fragilisée par des pratiques déviantes des communautés

Léon Modomale, le responsable de la communication à la direction nationale qui lutte contre le paludisme, admet qu’il y a plusieurs problèmes dans l’application du système. L’un des soucis les plus sérieux est le choix des personnes qui distribuent les moustiquaires. Normalement, ces personnes devraient être choisies par les habitants de la communauté selon certains critères, comme savoir lire et écrire, être moralement correctes et bien connaître le quartier.  Mais, comme il l’explique, ces critères sont souvent ignorés. Les chefs de quartier favorisent souvent leurs amis, leurs familles et leurs connaissances, ce qui entraîne le choix de gens qui ne peuvent pas toujours remplir les conditions requises.  Cela crée des situations où des moustiquaires ne parviennent pas aux familles qui en ont réellement besoin.

Modomale 
dit aussi qu’il est triste de voir que les gens ne réagissent pas. Même s’ils voient ces abus, ils ne font rien pour les signaler, alors que ces détournements les empêchent directement d’avoir la protection qu’ils méritent.

Pour Léon Modomale, utiliser des moustiquaires traitées est l’une des meilleures méthodes pour combattre le paludisme, comme le dit l’OMS. Cependant, l’efficacité de cette méthode dépend autant de la manière dont elles sont distribuées que de l’utilisation appropriée des moustiquaires dans les foyers. Bien qu’il applaudisse les efforts du ministère et les avancées réalisées, il souligne qu’il est important que la communauté prenne davantage de responsabilités pour arrêter les comportements qui nuisent aux campagnes. Sans cet engagement, dit-il, aucun dispositif ne pourra donner tous ses effets.

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