RCA : Le gouvernement présente les enjeux sanitaires après une mission à Genève et Addis-Abeba

Le ministre de la Santé et de la Population, Dr Pierre Somsé, a présenté le 16 février à Bangui le compte rendu d’une mission gouvernementale conduite par le président Faustin-Archange Touadéra. La délégation centrafricaine a participé à une série de rencontres internationales sur la santé mondiale, tenues du 28 janvier au 15 février à Genève et à Addis-Abeba.

Selon le ministre, cette mission a permis d’évaluer les défis majeurs du système sanitaire africain, mais aussi de relever les avancées possibles pour la République centrafricaine, au regard des orientations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dr Somsé estime que les résultats obtenus sont « satisfaisants ».

Un financement de l’OMS fragilisé, mais partiellement comblé

Parmi plusieurs points au cœur des discussions figurait le financement durable de l’OMS, mis à mal par le retrait de certains États, dont les États-Unis. Ce désengagement a provoqué un déficit important dans le budget de l’institution onusienne.

« Ce retrait a porté un coup dur à l’OMS. Toutefois, grâce à un sursaut de solidarité internationale, la majorité des pays membres ont accru leur contribution », a expliqué Dr Somsé.

Ces efforts ont permis de couvrir 86 % du budget annuel de l’OMS, laissant environ 15 % encore à mobiliser. Les secteurs les plus menacés par ce manque de financement sont la prévention et la réponse aux urgences sanitaires.

Couverture sanitaire universelle et Objectifs de développement durable en péril

Les rencontres ont également porté sur la couverture sanitaire universelle et les Objectifs de développement durable (ODD) liés à la santé. Le ministre a alerté sur les conséquences de la baisse de la solidarité internationale, qui rend peu probable l’atteinte de la plupart de ces objectifs d’ici 2030, à l’exception notable de la lutte contre le tabac qui progresse de manière satisfaisante.

L’un des domaines les plus préoccupants reste la nutrition infantile. La RCA connaît encore : un taux élevé de retard de croissance, des cas persistants d’anémie, et un niveau très faible d’allaitement maternel exclusif. Le ministre a également attiré l’attention sur les substituts du lait maternel introduits sur le marché centrafricain. Selon lui, la faiblesse de la régulation expose le pays à des produits de mauvaise qualité, voire dangereux.

« Certains laits maternels commercialisés sont de véritables poisons. Des marques ont été retirées du marché en Europe, mais elles se retrouvent encore dans nos pays faute de contrôle rigoureux », a-t-il déploré. Le gouvernement appelle donc à renforcer les mécanismes de contrôle et de régulation pour protéger les nourrissons.

Lutte contre les abus et exploitation sexuelle : une priorité nationale

Enfin, la délégation centrafricaine a rappelé les efforts engagés pour prévenir et combattre les abus et exploitations sexuelles dans le système desanté. Dr Somsé a souligné la « collaboration exemplaire » entre le gouvernement et les Nations-unies dans ce domaine. La mise en œuvre d’une politique nationale de prévention et de lutte contre les abus sexuels, élaborée avec l’appui du système onusien, illustre cet engagement.

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