RCA : Le ministre Pierre Somse qualifie les « mini pharmacies » de marchands de poison

Lors de la conférence de presse du 16 mars à Bangui, le Dr Pierre Somse, ministre de la Santé publique, a exprimé un message ferme et clair : Les petites pharmacies qui se multiplient dans la capitale et à l’intérieur du pays ne vendent pas des médicaments, mais bel et bien du poison.

D’après le ministre, les analyses menées par son département, en partenariat avec l’Office Central de Lutte contre la Criminalité (OCLAD), sont incontestables. Aucun principe actif ne fait partie des produits prélevés dans ces échoppes présentées comme des pharmacies. De plus, certains contiennent des substances nocives pour la santé.

“Ces produits ne contiennent pas ce qu’ils devraient contenir et présentent en plus des composants nocifs. C’est un acte criminel. Les responsables doivent savoir qu’ils vendent du poison”, a martelé le Dr Somse.

Des activités génératrices de revenu illégales

Le ministre rappelle que pas une seule mini-pharmacie dans le pays n’a reçu l’autorisation du ministère de la Santé pour exercer. Certaines ont reçu l’agrément du ministère du Commerce, une démarche qu’il juge ‘inappropriée’, car ce dernier ne peut autoriser que des acteurs déjà validés par le département technique compétent. Le gouvernement envisage donc de revoir entièrement ces démarches pour résoudre ce problème d’incohérence administrative.

Interrogé sur l’absence de médicaments au sein des structures de santé, le ministre concède que la crise de sécurité et politique que la République centrafricaine a traversée a contribué à cette lacune.

“Il vaut mieux ne pas avoir de médicaments que consommer ceux‑là. Ce que les mini‑pharmacies vendent, c’est la mort”, insiste-t-il.

Le ministre de la Santé annonce des stratégies  

Vu l’étendue du problème, le ministère pense à une démarche en trois temps : tout d’abord, expliquer simplement la loi actuelle sur le travail des pharmaciens et la lutte contre les médicaments de qualité moindre, ensuite, trouver et alerter les personnes concernées par ces ventes interdites, enfin, sanctionner, après avoir bien fait connaître l’information. Parallèlement, l’État se chargera d’aider à avoir plus de médicaments bons et sûrs dans les lieux de soins, dans le but de donner un choix sûr aux gens.

Le ministre a souligné qu’une loi bien précise, votée par l’Assemblée nationale, régit désormais le secteur pharmaceutique et comprend une partie entière dédiée aux médicaments contrefaits ou de qualité moindre. Un groupe varié, dirigé par le Premier ministre, est aussi programmé pour diriger cette bataille.  Cette action fait partie des “dix domaines d’impulsion présidentielle”, surtout celui lié à l’amélioration de l’accès aux soins et à la qualité des produits pharmaceutiques.  Le ministère de la Santé œuvre en ce moment dans le contexte de l’initiative présidentielle pour activer le chemin vers la Couverture Santé Universelle et diminuer la mortalité maternelle.

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