À l’occasion de la Journée mondiale contre l’hépatite célébrée le 28 juillet sous le thème « Hépatite : comprendre la maladie pour la vaincre », une conférence-débat s’est tenue à l’Institut Pasteur de Bangui. Cette rencontre a réuni les autorités sanitaires, les professionnels de santé, les étudiants du secteur médical afin de renforcer la mobilisation contre cette maladie qui demeure un danger de santé publique.
Présidée par le ministre de la Santé et de la Population, Dr Pierre Somse, la conférence a permis d’aborder plusieurs thématiques liées aux hépatites virales, notamment les hépatites B, C et D, leurs modes de transmission, les risques de co-infection ainsi que l’importance d’un diagnostic et d’une prise en charge précoces.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre a souligné les progrès réalisés grâce aux efforts du gouvernement et à l’appui des partenaires, tout en rappelant que de nombreux défis subsistent. Il a notamment insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation des populations afin de lutter contre la méconnaissance de la maladie. Selon lui, l’information, l’éducation et la communication doivent être au centre des stratégies de prévention et de contrôle de l’hépatite.
Les échanges ont également mis en lumière la situation préoccupante des hépatites virales en République centrafricaine. Selon Dr Aristide Désiré Komangoya-Nzongo, chargé du programme des maladies transmissibles et non transmissibles à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la prévalence de l’hépatite B dans la population générale est estimée à environ 13 %, un niveau nettement supérieur à celui du VIH. Il a rappelé que les virus responsables des hépatites présentent un potentiel de transmission particulièrement élevé, renforçant ainsi l’urgence d’intensifier les actions de prévention et de dépistage.
Une attention particulière a été portée à la prévention de la transmission mère-enfant. Les experts ont souligné que les enfants infectés à la naissance constituent des réservoirs chroniques du virus et contribuent au maintien de la chaîne de transmission. Cette situation justifie le renforcement des interventions ciblant les femmes enceintes et les nouveau-nés, notamment à travers le dépistage et la vaccination.
Organisée par le ministère de la Santé et de la Population en partenariat avec l’OMS, l’Institut Pasteur de Bangui, la Croix-Rouge française et le Rotary Club, cette conférence-débat a également été marquée par un geste concret en faveur du dépistage. À cette occasion, la Croix-Rouge française a remis 1 000 tests de dépistage de l’hépatite, destinés à renforcer les capacités de détection précoce de la maladie dans le pays