Afin d’améliorer l’accès à l’eau potable en milieu rural, l’Agence Nationale d’Eau et d’Assainissement (ANEA) a effectué une mission d’une semaine dans les sous-préfectures de Abba et de Baboua, dans la Nana-Mambéré.
Junior Gbaguene, chef d’antenne de l’ANEA dans les zones rurales, a supervisé cette mission. L’objectif principal de cette descente de terrain était d’évaluer le bon fonctionnement des forages déjà réalisés et de vérifier si les communautés locales participent à leur gestion.
« Nous sommes allés vérifier si les forages sont toujours opérationnels et si les comités de gestion continuent de jouer leur rôle dans l’entretien et la surveillance de ces ouvrages », explique Junior Gbaguene.
La mission a aussi permis de repérer certaines localités confrontées à un grave problème d’approvisionnement en eau potable, en vue de futures interventions. Plusieurs activités concrètes ont été menées par les équipes de l’ANEA sur le terrain. Dans les zones concernées, environ trente forages ont été réparés ou entretenus.
« Nous avons réparé les forages en panne, entretenu ceux qui fonctionnaient mal et surtout sensibilisé les comités de gestion sur les bonnes pratiques d’entretien et de gestion afin de garantir la durabilité des ouvrages », précise le chef d’antenne.
Des échanges ont également eu lieu avec les chefs de villages, les chefs de quartiers et les leaders communautaires afin de clarifier leur rôle dans la gestion des points d’eau. L’un des principaux défis relevés durant la mission reste la mauvaise gestion de certains forages. Selon Junior Gbaguene, il arrive que des chefs locaux se substituent aux comités de gestion, ce qui entraîne des dérives.
« Quand des chefs se transforment en comités de gestion et utilisent les fonds destinés à l’entretien, dès qu’une panne survient, il n’y a plus de ressources pour réparer le forage. Résultat : toute la population se retrouve sans eau », a-t-il déploré.
L’ANEA a rappelé que le rôle des autorités locales est d’accompagner et de conseiller les comités de gestion, sans se substituer à eux. La mission a également mis en lumière des situations alarmantes, notamment dans la localité de Bondiba, un grand village abritant un centre de santé et une école, mais dépourvu d’eau potable. Un forage en panne y a été examiné. Malheureusement, les techniciens ont constaté un éboulement, rendant toute réparation impossible.
« L’absence d’eau dans une localité avec un centre de santé pose un réel problème, surtout pour les activités médicales », a souligné le responsable.
Face à ces constats, Junior Gbaguene a lancé un appel pressant au gouvernement, à la direction générale de l’ANEA et aux partenaires techniques et financiers.
« La réalisation d’un nouveau forage au niveau de l’hôpital secondaire d’Abba serait d’un grand soutien pour la population et le personnel médical », a-t-il plaidé.
Les données recueillies au cours de cette mission seront rassemblées et transmises à la direction générale de l’ANEA, qui travaillera avec les partenaires pour résoudre de manière durable les problèmes identifiés.

