À l’occasion de la Journée internationale des pharmaciens, célébrée ce 25 septembre à Bangui, le Collège des Pharmaciens Centrafricains a lancé un appel pressant pour renforcer la lutte contre les faux médicaments et améliorer l’accès à des produits de santé de qualité.
Placée sous le thème « Donner aux pharmaciens les moyens d’agir pour des avenirs plus sains », cette commémoration a été marquée par une marche partie du Rond-point Zéro jusqu’à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), suivie d’une grande causerie-débat.
Les échanges ont porté sur plusieurs défis majeurs du secteur pharmaceutique en République centrafricaine, notamment la réglementation pharmaceutique, la prolifération des faux médicaments, l’usage abusif des antibiotiques, les risques liés à la surconsommation de médicaments sur les reins et le renforcement de la sécurité des patients.
Pour le président du Collège des Pharmaciens Centrafricains, le Dr Vie de Dieu Ngoko-Nzengue, la lutte contre les médicaments falsifiés constitue une priorité de santé publique.
« Aujourd’hui, tout le monde sait qu’en Centrafrique, des moyens nécessaires sont déployés pour protéger le pays contre Ebola. Mais il faut savoir que les faux médicaments tuent davantage, de manière silencieuse, dans notre pays », a-t-il déclaré.
Selon lui, les pharmaciens doivent disposer de moyens plus efficaces pour accomplir pleinement leur mission.
« Si les pharmaciens disposent des moyens nécessaires, notamment des mécanismes de répression contre les médicaments falsifiés et les faux médicaments, ils pourront pleinement jouer leur rôle d’éducateurs thérapeutiques et d’acteurs de santé publique. Cela contribuera au développement de notre pays », a-t-il ajouté.
Interrogé sur les prix souvent jugés élevés des médicaments dans les pharmacies de Bangui, le Dr Ngoko-Nzengue a pointé du doigt les difficultés de fonctionnement de l’Unité Centrafricaine des Médicaments (UCM).
Il a rappelé que la création de cette structure s’inscrivait dans le cadre de l’Initiative de Bamako, mise en place pour favoriser l’accès à des médicaments génériques de qualité à moindre coût.
Selon lui, l’UCM devait permettre aux hôpitaux et aux populations les plus vulnérables de bénéficier de médicaments essentiels efficaces et abordables. Toutefois, il déplore aujourd’hui ce qu’il qualifie de « démission totale » dans la gestion de cette structure, empêchant de nombreuses personnes d’accéder à des traitements à coût réduit.
Au terme de cette célébration, le Collège des Pharmaciens Centrafricains a exhorté les autorités à faire appliquer rigoureusement la législation sur les médicaments afin de freiner la circulation des produits pharmaceutiques falsifiés dans le pays.

