Le Centre national d’hémodialyse de Bangui alerte sur une augmentation préoccupante des cas d’insuffisance rénale chez les jeunes. Selon les responsables de l’établissement, cette tranche de la population représente désormais une part importante des patients pris en charge, une situation qui doit interpeller les autorités sanitaires du pays.
D’après les données du Centre national d’hémodialyse, plus de 40 % des personnes souffrant de maladies rénales sont âgées de 3 à 45 ans. Cette tendance, observée ces dernières années, s’accentue progressivement et mobilise les spécialistes du secteur.
Le directeur médical du centre, le Dr Cédric Ouanekpone, indique que les jeunes figurent aujourd’hui parmi les catégories les plus touchées par les pathologies rénales. Si les patients âgés de 45 à 60 ans restent nombreux, la progression des cas chez les plus jeunes devient de plus en plus visible.
L’hypertension artérielle l’une des premières causes
Selon les néphrologues, plusieurs facteurs favorisent le développement de l’insuffisance rénale chez les jeunes. L’hypertension artérielle apparaît comme la principale cause observée au sein des patients reçus au centre.
Les spécialistes constatent en effet une présence croissante d’hypertension chez des personnes âgées de 20 à 30 ans, alors qu’elle était autrefois davantage associée aux personnes de plus de 50 ans. Cette évolution interpelle les professionnels de santé sur les changements de mode de vie et les comportements à risque au sein de la jeunesse.
Automédication, substances stimulantes et manque de suivi médical
Le Centre national d’hémodialyse pointe également plusieurs facteurs aggravants, notamment l’automédication, la consommation de médicaments non contrôlés, certains anti-inflammatoires ainsi que l’usage de substances et boissons stimulantes susceptibles d’affecter la fonction rénale.
Chez les jeunes femmes, certaines complications liées à des grossesses mal suivies, notamment les cas d’éclampsie, peuvent également conduire à une dégradation progressive des reins en l’absence d’un suivi médical approprié.
Les experts soulignent par ailleurs l’importance d’un dépistage précoce de l’hypertension et d’un contrôle régulier de l’état de santé afin d’éviter l’évolution silencieuse de la maladie vers une insuffisance rénale chronique.
Une pression croissante sur les services de dialyse
La hausse du nombre de patients se répercute directement sur les capacités de prise en charge du Centre national d’hémodialyse. L’établissement réalise aujourd’hui plus de trente séances de dialyse par jour pour répondre à la demande.
Face à cette situation, le Dr Cédric Ouanekpone appelle les jeunes à adopter des comportements favorables à leur santé, notamment une alimentation équilibrée, l’abandon de l’automédication et la consultation rapide d’un professionnel de santé en cas de symptômes ou de problèmes d’hypertension.
La progression des maladies rénales chez les jeunes constitue désormais un défi majeur pour le système de santé centrafricain, qui mise sur la prévention et la sensibilisation pour freiner cette tendance préoccupante.