À l’occasion de la Journée de l’Enfant africain, célébrée le 16 juin, le Réseau africain des médias pour le WASH (RAM WASH) tire la sonnette d’alarme sur une crise continue concernant l’accès à l’eau potable et à l’assainissement à travers le continent. Malgré les promesses faites au niveau international, la réalité reste alarmante, surtout pour les enfants et les populations les plus vulnérables.
Dans un communiqué publié le 14 juin 2026, le RAM WASH dresse un constat alarmant : des millions d’Africains continuent de souffrir d’un accès insuffisant aux services d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH). Selon l’organisation, plus de 100 millions d’enfants sont actuellement exposés aux risques liés à l’eau insalubre, à l’absence d’infrastructures sanitaires et aux maladies hydriques.
Le réseau affirme également que près de deux décès d’enfants sur cinq seraient directement liés à ces carences, soulignant la gravité de la crise. Malgré les engagements pris aux niveaux continental et international, les avancées restent limitées. Le RAM WASH estime que les efforts engagés jusqu’ici n’ont pas permis d’inverser durablement la tendance.
Le communiqué rappelle que la situation pourrait se dégrader davantage à cause de la croissance démographique. La population africaine, qui est de 1,5 milliard d’habitants en 2024, pourrait atteindre 2,5 milliards d’ici 2050, avec presque un milliard d’enfants attendus vers 2055.
Pour le réseau, cette tendance augmente la pression sur les infrastructures déjà insuffisantes et rend plus fragiles les systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement.
Le RAM WASH révèle d’importantes différences entre les zones urbaines et rurales. L’écart d’accès à l’eau potable peut aller jusqu’à 35 %, montrant une fracture territoriale qui persiste. Dans beaucoup de communautés, les femmes et les jeunes filles sont toujours les plus touchées. Elles passent plus de 30 minutes par jour à chercher de l’eau, ce qui nuit à leur santé, leur sécurité et leur accès à l’éducation.
Le réseau insiste : ces réalités témoignent d’un enjeu qui dépasse les simples statistiques et relève d’une question fondamentale de justice sociale et d’égalité des chances. À ces défis s’ajoute l’influence grandissante du changement climatique. Des sécheresses fréquentes et des crues dérangent l’accès aux réserves d’eau et diminuent leur quantité. Le sort du lac Tchad, dont la surface ne cesse de baisser, est présenté comme un exemple typique de cette crise écologique qui touche de nombreux individus.
Face à cette réalité, le RAM WASH demande une mobilisation sans délai des gouvernements et des soutiens techniques et financiers. Parmi les suggestions proposées se trouvent notamment l’accroissement des dépenses publiques pour les installations d’eau et d’hygiène pour les enfants, l’inclusion du droit à l’eau et à l’assainissement dans les stratégies nationales, la diminution des disparités entre régions, en portant une attention spéciale aux campagnes, la mise en avant des écoles, des centres médicaux et des populations fragiles, une gestion claire et assumée des fonds dédiés à ce domaine.
A l’occasion de la journée de l’Enfant africain, le RAM WASH rappelle que l’accès à l’eau potable et à l’hygiène est un droit humain essentiel, d’après son Président, Moussa Thiam, qui souligne l’urgence de la situation : « L’heure de l’action groupée est là. Chaque délai coûte des vies. »
La rédaction

